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Trois questions à Stéphanie Degrave, auteure de "Je me sépare : que faire ?"

Trois questions à Stéphanie Degrave, auteure de

En cours de consultation, quelle a été la situation la plus surprenante que vous avez vécue ?

Toutes les situations présentent leurs particularités qui peuvent être surprenantes. Or, en réalité, elles ne sont pas surprenantes en soi, elles le sont par rapport à ce que l’on a tendance à penser de la « normalité » au sein d’un couple ou d’une famille. Certaines peuvent être drôles, d’autres peuvent créer un certain malaise, ou être douloureuses, cocasses, émouvantes, terribles …

Je pense par exemple à des couples qui viennent pour se séparer, mais qui n’en finissent pas de s’aimer et qui ne se séparent finalement jamais ; à un parent qui ne souhaite plus voir son enfant, ni même avoir un lien de filiation quelconque avec lui et ce, sans raison particulière ; à un homme qui s’est retrouvé, à son insu, papa après avoir passé une soirée avec une inconnue (il l’a appris deux ans après, et a réalisé que ce bébé était né entre les deux enfants qu’il avait eus avec sa compagne « officielle ») ; à des parents qui pensent que leur enfant peut tout à fait vivre de manière équilibrée en passant un an sur deux en Belgique et un an sur deux aux États-Unis  ; à des couples qui rendent impossible la conclusion d’un accord portant sur des centaines de milliers d’euros parce qu’ils ne parviennent pas à décider à qui reviendra une cafetière ; à une compagne qui s’est liée d’amitié avec l’ex-femme de son partenaire pour obtenir des informations que ce dernier ne parvenait pas à se procurer, …

Quel regard extérieur portez-vous sur le couple ?

Le modèle de couple, tel que nous le connaissions depuis des générations, est aujourd’hui en mutation profonde. Que l’on pense aux couples séparés, divorcés, recomposés, aux couples qui vivent séparément (« living apart together »), ou aux couples homosexuels, nous sommes bien loin de la conception traditionnelle de la conjugalité.

Par ailleurs, notre manière d’aborder les difficultés conjugales est elle aussi en plein changement, au regard de l’égalité qui existe et qui est revendiquée par chacun des partenaires.

À cette idéologie d’égalité se greffe également une «normalisation» de la rupture du couple. Mettre aujourd’hui un terme à un mariage ou à un projet de vie commune n’est plus du tout regardé comme une anomalie, une honte, une situation où il y a toujours un coupable et une innocente victime. Ce sont souvent les deux partenaires qui sont responsables de la séparation.

Notre société devait dès lors répercuter ces évolutions dans la manière dont elle règle et traite les conflits. Diverses lois ont donc été votées, telles que la priorité donnée à la mise en place d’un hébergement égalitaire, la limitation de la pension alimentaire après divorce à l’état de besoin du créancier, ou la facilitation du divorce. Par ailleurs, notre pays s’est doté d’un tribunal de la famille qui est plus à même de répondre aux difficultés des gens de par la formation des magistrats qui y siègent, des délais plus courts qui peuvent être mis en place pour des demandes urgentes, … Enfin, une place de plus en plus importante est donnée aux modes alternatifs de résolution des conflits (comme la médiation ou le droit collaboratif), permettant ainsi aux personnes qui traversent une séparation de résoudre leurs difficultés de manière humaine, rapide, respectueuse, et satisfaisante pour chacun.

Quel conseil donneriez-vous à un couple qui se sépare ?

Tenter de privilégier la recherche d’une solution amiable.

Ceci permettra au couple de garder le contrôle des modalités qui seront mises en place dans le futur, d’autant plus qu’en matière familiale, ces modalités touchent généralement des points qui nous tiennent particulièrement à cœur (quand vais-je héberger mes enfants ?, qui pourra rester dans la résidence familiale ?, comment organiser les rapports financiers entre les ex-partenaires ?, …).

Dès le moment où il faut se tourner vers les tribunaux, on note une inflation des coûts (honoraires d’avocat, experts, frais d’huissier, frais de justice), un allongement considérable des délais (selon les matières, il faut parfois plusieurs années avant qu’une solution ne soit ordonnée par la justice), et une exacerbation du conflit conduisant souvent à un appauvrissement, voire à une rupture totale du dialogue. Il ne faut pas croire que la justice avec un grand «J», existe ni qu’une solution judiciaire, quelle qu’elle soit, permette de cicatriser les blessures laissées par la séparation.

Et puis, si je peux leur donner un second conseil, mais qui rejoint le premier, je dirais «laissez vos enfants en-dehors de vos problèmes d’adultes».

 

Pour en savoir plus : Je me sépare : que faire ?

Thu, 24 May 2018

Publié parIsabella Fanara

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